Le Bus Rouge est une histoire qui ose depuis sept ans.

Sous une forme instrumentale rurale et changeante, Le Bus Rouge consiste d’abord en un répertoire, celui du Hautbois du Languedoc, mais aussi en un décor : le Salon de l’Agriculture de Paris 2001, puis dans la foulée la fête des éleveurs de bœuf Fin Gras du Mézenc en Haute-Loire, plantent sans mesure ce décor.

La rencontre des musiciens a eu pour cadre les contreforts du Massif Central, entre le Puy-en-Velay et Lyon. Bals forestiers, marchés paysans, chasse au dahu, courses de ski de fond, les paysages clairsemés du plateau de Langogne ont fait grandir avec délice le collectif.

Le Bus Rouge,
une fresque sonore en mastication permanente…!

Le Bus Rouge est jusqu’en 2002 servi par une troupe très polymorphe, qui entoure le hautbois languedocien : une section de saxophones, une caisse claire, un accordéon diatonique, un violon … Cette section accompagne le hautbois sur ses thèmes traditionnels, elle joue avec, mais pas seulement. Elle joue aussi pendant… Une sorte de mosaïque acidulée, insolite, indescriptible, qui cherche, qui JOUE !

Piccolo, clarinettes, trombone se bousculent dans les rangs. Tambours et tuba finissent de dessiner le groupe dans son instrumentarium actuel.

La musique du Bus Rouge a suivi cette évolution, celle de son équipe. Partie de contours très libres, parfois brutes, laissant vivre « l’écriture spontanée » et tout ingrédient sonore impétueux, parfois abandonné le lendemain, et oui, mais parfois prémonitoire d’une ligne ou d’un travail à venir.

Le Bus Rouge a d’abord cherché comment forger sa musique, avant de la choisir. C’est cette idée qui donnera dans le collectif une plus grande importance à l’existence humaine plutôt qu’à la note.
Ainsi, en 2003, le Bus Rouge baptise d’« Académie Libre de Musique Populaire » une résidence au Komplex Kapharnaüm de Villeurbanne. Dans ce lieu de création, le Bus ouvre les portes de ses répétitions à tout artiste voulant tenter quelque chose, avec le groupe ou avec lui-même, diriger, être dirigé, jouer, écouter, voir…

C’est au bout de ce chemin que la musique du Bus s’est distinguée, qu’elle a pris ses accents propres. Aujourd’hui décoré du titre d’« Authentique Fanfare du Bœuf Fin Gras » race bovine rustique et persillée élevée en Haute-Loire, le BR reste un collectif en recherche permanente, qui travaille dans la Ville. Et continue de se poser cette question : « au fait, c’est quoi une fanfare ? »

L’harmonie :
Hautbois du Languedoc, clarinette, piccolo, deux saxophones soprano.
Les basses :
Trombone, tuba, saxophone basse
Les percussions : tambour occitan, caisse claire.


(Photo: Fabrice Flore-Thébault)


L’axe Clermont-Sète

Le Bus Rouge pioche dans un répertoire traditionnel sud-européen, depuis la bourrée auvergnate jusqu’à la musique des joutes sétoises.

Le hautbois du Languedoc contient déjà toute sa musique ne serait-ce qu’à l’appel de son nom… Avec sa sonorité ancienne et nostalgique, il dessine un périmètre, un territoire, un paysage épars à l’horizon lointain, que piccolo saxophones et clarinettes colorent, font bourgeonner et fleurir. Les percussions, sonores et fusionnées dansent autour du suc. Les basses, hoquetantes et profondes, dament le sol encore trop foisonné.

Autour d’un axe Clermont-Sète, le répertoire traverse aussi la ville de Nice, l’Italie, et la Catalogne. Il prend parfois des teintes plus latines outre-Atlantique. Les compositions personnelles qui apparaissent trouvent aussi leur place dans ces tonalités musicales.

Couleur et paysage…

Un vent frais passe, effleure nos oreilles recroquevillées sous le col d’un veston velours, et fait oublier nos souliers de cuirs qu’un blanc manteau neigeux viendra recouvrir.

Une harmonie incomplète marche en ribambelle sur le chemin vicinal. Un hautbois passe sous le fil de clôture et sonne une mazurka. Il s’avance près d’une baignoire à l’émail défraîchi. Il lui manque un pied. Elle abreuve un petit veau. Il écoute et lève son museau près du pavillon. Ils se regardent.

Le tambour et la caisse claire chantent un Macéo Parker puis résonnent avec le ballet incessant des burons de Saint-Urcize. La radio posée dans la trabe passe un opéra italien. « Aluc ! » crient les buronniers. Les basses leur répondent.

La petite harmonie entonne une java. Le rouleau d’un orgue de barbarie l’aspire, elle forme sa manivelle d’ébène et le porte-pièce en marqueterie. Le veau rejoint sa mère en haletant. Les basses lui répondent.

Le Bus Rouge en Rue, Le Bus Rouge en concerts…

Un orchestre baroque, une musique des grandes étendues ou des espaces publics. Le BR se répand dans la ville ou le village, avec sa vivacité et sa couleur épicée. Les déambulations extérieures font vivre sa musique depuis plus d’une centaine de dates. Fanfare ou Grande Bande à Anches, certains affubleront le Bus Rouge de « musique de chambre pour la rue »…

Le Bus Rouge est aussi une formation qui monte sur scène, pour offrir dans d’autres conditions d’écoute son énergie, ses timbres et ses arrangements copieux ! Tantôt une dynamique résolument rock et puissante, tantôt plus orchestrale, généreuse et solennelle.

Le premier album du Bus, sorti à l’automne 2007, est le fruit de tout ce long parcours. Et il révèle précisément la dualité qu’entretient le collectif dans sa musique, entre l’ardeur et le superbe…

A écouter de toute urgence !


en haut !